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Le monopole scolaire de la République Ne rien faire, c’est être complice Allianz, l’assureur malveillant ? Le masque “grand public”, une escroquerie ? Pénuries, Russie, Famines

Pénuries, Russie, Famines

L’agression, le 14 février 2022, de l’Ukraine par la Russie a bouleversé le commerce mondial du blé et risque à terme d’entraîner pénuries, famines dans les pays les plus dépendants de cette denrée alimentaire, en particulier ceux d’Afrique du Nord. Pour rappel, la Russie est le premier exportateur mondial de blé et l’Ukraine, cinquième exportateur mondial de blé.

 

Le 14 mars 2022, Antonio GUTERRES, secrétaire général de l’ONU, déclare que l’Ukraine « est en train d’être décimé sous les yeux du monde » et que cela risque de provoquer un « ouragan de famines et un effondrement du système alimentaire mondial ».

Des propos repris dans un article du Figaro qui explique qu’« Antonio Guterres, a mis en garde lundi 14 mars contre les répercussions de la guerre livrée par la Russie en Ukraine» et qui fait porter la responsabilité exclusive des pénuries à venir sur la Russie.

Face à cette situation, l’Union Européenne met tous les moyens disponibles afin d’éviter une catastrophe provoquée par l’irresponsabilité de la Russie et son dirigeant despotique, Vladimir POUTINE.

Dans cet article, nous tenterons d’analyser ce discours de culpabilisation de la Russie et d’en éprouver la véracité en nous appuyant notamment sur la chronologie et sur les articles de la presse nord-africaine.

La situation réelle des pénuries en Afrique du Nord (Petit Maghreb)

Si nous remettons en cause le récit occidental lorsqu’il voue aux gémonies la Russie, nous ne nions pas la crise alimentaire qui se profile en Afrique du Nord qui pourrait apporter son lot de pénuries voire de famines. Une crise que nous tenterons de comprendre à travers la situation des trois pays du Petit Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie).

L’Algérie

Le pays est le cinquième importateur mondial de céréale et il disposerait d’un stock suffisant pour tenir jusqu’à la fin 2022 selon le ministère de l’agriculture algérien , une capacité de stockage qui fut renforcée à partir de 2018. Le but étant de favoriser le stockage de la production interne et d’endiguer une situation problématique où plus de 70% du blé consommé est importé.

Quant à la hausse des prix, elle a été constatée bien avant le conflit ukrainien. Ainsi la presse locale constate que « les prix du blé sur le marché mondial sont sur une tendance haussière depuis le dernier trimestre de 2019, une tendance qui s’est accélérée en 2021 ». Une hausse expliquée à l’époque par des sécheresses et l’épisode Covid.

Cette hausse des prix s’est fortement accélérée depuis le conflit en Ukraine, cela est due à la baisse des exportations due aux blocages des ports de la mer Noire, mais aussi à la spéculation des « super grossistes ».

Face à cette situation, l’Algérie a pris les mesures suivantes :

Le Maroc

« Le 13 février, la Confédération démocratique du travail (CDT, l’une des trois centrales syndicales les plus représentatives) organisait des sit-in dans plusieurs villes du pays » par suite de la hausse du prix des tomates .

On remarquera que cet événement est antérieur au conflit en Ukraine et que la hausse des prix concerne une denrée produite localement (15e producteur mondial) et exportée massivement (le Maroc est parmi les 10 plus gros exportateurs de tomates et le premier fournisseur hors UE de l’Union Européenne).

Une hausse justifiée par la « pire sécheresse depuis 40 ans », que le gouvernement tente de palier par une politique protectionniste visant à réduire drastiquement les exportations de tomates.

Les autres denrées alimentaires sont aussi affectées par la hausse des prix et ce depuis l’été 2021 au moins.

Ainsi, un rapport du Middle East Institute, cité dans LesECO.ma le 14/12/2021, nous apprend que le pays fait face à des difficultés d’approvisionnement, depuis septembre 2021, en céréales qui peuvent aboutir à des pénuries.

Le Roi Mohammed VI a tenu un discours le 08 octobre 2021 dans lequel il aborda la nécessité de mettre en place un « système national intégré » de réserves stratégiques pour les denrées alimentaires essentielles.

Avant le conflit, la hausse des prix était expliquée par le Covid, la limitation des échanges internationaux, le changement climatique et par la « reprise économique » post covid avec une offre inférieure à la demande.

Cependant, comme en Algérie, les autorités constatent des « spéculations inhabituelles au niveau des prix des céréales et de certains produits de consommation », un constat confirmé par des commerçants qui constatent une multiplication des intermédiaires.Une situation qui facilite la spéculation.

Dans ce contexte le gouvernement marocain a pris les mesures suivantes :

  • La diminution des importations en favorisant la production locale.
  • La diminution des exportations.
  • Le renforcement des stocks de denrées alimentaires (6 mois pour le blé avant le conflit)
  • La suspension des droits de douane sur les importations de blé en deux périodes, de février au 15 mai 2021 et de novembre 2021 à avril 2022.
  • La subvention de denrée alimentaire et de produits énergétiques (dont dépend aussi l’agriculture nationale) jusqu’à la fin 2022.

La Tunisie

Des trois pays du petit Maghreb, la Tunisie est celui qui semble le plus fragilisé par la crise alimentaire. Le pays disposerait de capacité de stockage de 3 mois et « a importé 2,6 millions de tonnes de céréales en 2021 pour une consommation totale annuelle de plus de trois millions de tonnes ».

Les Tunisiens doivent composer avec des pénuries récurrentes et une augmentation des prix importantes.

Il est aussi important de noter que la pénurie est antérieure au conflit en Ukraine et que certaines denrées comme la farine sont subventionnées. Des subventions qui pèsent sur une économie exsangue à la suite de l’épisode Covid (chute des recettes touristiques) et qui dépend fortement d’aides étrangères.

Face à cette situation, la Tunisie a signé « en janvier 2021, un accord avec le Programme alimentaire mondial des Nations-Unies pour mettre en place un système de suivi de sa sécurité alimentaire. »

Les bénéficiaires de ces pénuries (hormis les spéculateurs)

La responsabilité de l’Union Européenne

En entravant l’activité des ports de la mer Noire et en ralentissant la production de blé en Ukraine, le conflit participe bel et bien à l’augmentation des prix. Un conflit que l’UE contribue à perpétuer en livrant des armes à l’Ukraine. De plus, l’éviction de la Russie du système SWIFT complique les échanges pour les pays du Maghreb avec cette dernière.

Les pays du Maghreb sont donc obligés de trouver des solutions d’urgence, une situation qui profite à la France. Cette dernière a vu ses exportations augmentées tandis qu’Emmanuel MACRON fustige les mesures protectionnistes maghrébines et regrette que « plusieurs pays constituent des stocks » et les a appelés « à les libérer ».

L’UE contre le protectionnisme

Loin de s’inscrire dans une défense des intérêts nationaux, les propos de Macron visent essentiellement à favoriser le programme européen « Food and agriculture résilience mission » (FARM) un programme dont l’un des objectifs est de « de rendre les marchés agricoles plus efficaces à l’échelle mondiale, en luttant contre la spéculation et les interdictions d’exportation » et dont l’une des cibles est l’ « L’Egypte, mais aussi les pays du Maghreb et du Proche et Moyen Orient ».

Conclusion

Le conflit en Ukraine n’a fait qu’accélérer un processus en cours depuis plusieurs années. Les spéculations financières sur les denrées alimentaires, les confinements à répétition, l’ultralibéralisme (dont les partisans continuent de présenter le protectionnisme comme une menace) ne peuvent en aucun cas être imputés à la Russie de Poutine, au Covid ou au « réchauffement climatique ».

A la fin de cet article, nous avons le sentiment que la situation présentée dans cet article est le fruit d’une volonté politique s’inscrivant dans le programme de l’ONU : « Faim zéro 2030 » un programme qui fait partie de L’Agenda 2030.

2030… Parfois les dates ont leur importance…