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Ferdinand Buisson de 1841 à 1869

Introduction

La biographie de Ferdinand Buisson recèle quelques mystères sciemment entretenus par ses thuriféraires. Des incohérences chronologiques visant à embellir la vie de ce républicain convaincu en exagérant les sacrifices exigés par son engagement politique.

Ainsi, un séjour volontaire en Suisse se transforme en exil sous la plume de ses panégyristes et l’année de cette expatriation varie selon les auteurs entre 1866 et 1868.

Dans cet article, nous allons tenter de retracer sa vie de sa naissance à 1869, soit la période qui précède ses prises de fonctions et sa guerre sans merci contre l’Eglise.

1841 – 1869

Né le 20 décembre 1841 dans une famille protestante, Ferdinand Buisson est le fils de Pierre Buisson, juge de paix puis juge d’instruction, et d’Adèle Aurélie de Ribeaucourt.

Si certains de ses biographes insistent sur le caractère modeste de son milieu familial, d’autres le relativisent en rappelant que Buisson est issu d’une lignée de notaires.

Buisson déménage au gré des mutations professionnelles de son père et revient à Paris après le décès de ce dernier le 28 décembre 1858.

Fréquentant, à la fin des années 1850, une chapelle évangéliste, située rue Taitbout, indépendante de l’État et de l’Église réformée, il se fait remarquer en soutenant la tendance libérale incarnée par le pasteur Coquerel.

Il affirme dans une brochure publiée en 1864 qu’une société religieuse véritable ne doit pas être une « une société savante et professante », et qu’elle doit se constituer « pour combattre et détruire le mal dans l’homme, pour nous rendre justes, sincères, humbles, bienfaisants, charitables. »

Il obtient sa licence ès lettres en 1862 et « entreprend une thèse sur Sébastien Castellion, protestant, humaniste et pédagogue du XVIe siècle en qui il voit l’initiateur du protestantisme libéral ».

Il déménage en Suisse en 1866 où il enseigne la philosophie à l’académie de Neufchâtel. Les hagiographes de Buisson présentent cette émigration comme un exil forcé par des persécutions de l’empire, ce qui est faux.

Il s’expatrie car les opportunités professionnelles sont plus intéressantes en Suisse et il revient même en France pour passer son agrégation en 1868 avant de retourner à Neufchâtel la même année.

Il y noue une amitié avec Edgar Quinet, un défenseur de la laïcité qui considère que la révolution politique a échoué, car elle n’a pas été accompagnée d’une révolution religieuse.

Participant aux trois congrès internationaux de la Ligue de la Paix et de la liberté (1867, 1868 et 1869), il lit un discours lors du congrès de 1869 dans lequel il affirme le rôle primordial de l’instruction dans la préservation de la paix

Il élabore également un programme pour « l’abolition de la guerre par l’instruction » aux côtés de Jules Ferry et de Victor Hugo.

 

S’il obtient son agrégation de philosophie en 1868, il se distingue surtout cette année par la virulence des attaques contre la Bible. Il déclare que l’histoire sainte, avec ses “parties scabreuses” et ses “plus honteuses images que n’en contiennent les romans”, viole les “réclamations de la morale la plus élémentaires”.

 

Lors de son séjour en Suisse, il milite aussi avec Jules Steeg et Felix Pécault, pour un « christianisme libéral », soit une Église sans dogme, sans prêtre, sans autel et sans credo.